Synthèse : Plusieurs militants homosexuels arrêtés par la police, ce matin, dont le fondateur de la Journée mondiale, Louis-Georges Tin.
Ce matin, à 11h30, Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO, a été arrêté par la police. De même, Nicolas Alekseev, président de Gayrussia, et vice-président du Comité IDAHO, Audrey Grelombe et Eric Marty, d'Act Up-Paris, et Charles Meacham, photographe.
Les cinq défenseurs des droits de l'homme étaient venus pour remettre à l'ambassade de Russie une pétition, lancée par All Out, et signée par 12000 personnes, demandant que la Pride de Moscou soit enfin autorisée, comme l'a aussi exigé la Cour européenne des droits de l'homme en octobre 2010. Les policiers français sont arrivés, et dans un premier temps, ont joué un rôle de facilitateur, afin d'obtenir une réponse de l'ambassade de Russie. Mais brusquement, ayant reçu des « ordres », ils ont arrêté les militants, sans raison apparente, et les ont conduits au poste de police du 4e arrondissement.
Les défenseurs des droits de l'homme ont été entendus, puis relâchés après trois heures. Mais Nicolas Alekseev a été retenu, violenté, et au mépris du droit européen, n'a pu contacter son avocat, malgré ses demandes répétées. Au contraire, le policier à qui il demandait (en langue anglaise) son téléphone lui a répondu : « ici on est en France, donc tu dois parler français, espèce de con ! »
Le Comité IDAHO est tout à fait scandalisé par l'attitude incompréhensible de la police française. Les cinq personnes arrêtées entendaient simplement remettre une liste de signataires à l'ambassade de Russie. Cela constitue-t-il un délit ? La France avait critiqué la Russie, lorsque Louis-Georges Tin et Nicolas Alekseev avaient été arrêtés le 28 mai dernier, pendant la Pride de Moscou. Mais aujourd'hui, c'est la police française qui les arrête, avec d'autres militants, alors même qu'il n'étaient pas en train de manifester !
Le Comité IDAHO demande la libération immédiate de Nicolas Alekseev, et réclame des explications au ministère de l'Intérieur, qui met d'ailleurs en porte-à-faux le ministère des Affaires Etrangères. En effet, la France critique la Russie, mais fait pareil. Ainsi, cet incident donne de la France une image désastreuse au niveau international. Dans le monde entier, Nicolas Alekseev et Louis-Georges Tin ont pu s'exprimer pour défendre la Moscow Pride. Les deux pays où ils n'ont pu le faire librement, les deux pays où il ont même été arrêtés, sont la Russie et la France.